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Destiny, ce joyau méconnu

Si je vous dis Michael Jackson, vous allez me dire "les Jackson 5", "Thriller", "Bad", "Black or white" ou "histoire louche avec des enfants"... Je vous rajoute une pincée de Moonwalk et j'ai fait le tour de la perception "grand public" du personnage.
Aujourd'hui je vous parle cependant d'un album inratable et pourtant bien souvent méconnu des oreilles non averties (rappelons qu'une oreille avertie en vaut deux, et c'est toujours plus pratique d'avoir deux oreilles!) : DESTINY

Petit rappel des faits :
1968, le petit Michael (10 ans) et ses frères passent une audition chez la célébrissime MOTOWN (Marvin Gaye, Diana Ross, Stevie Wonder et Hocus Pocus (eh oui!)) avec une imitation réussie du Godfather James Brown. S'en suivent 8 ans de tournées non stop et de Hits (ABC, I want you back, I'll Be There, Sugar Daddy, Dancing Machine pour en citer quelques uns)

1976 : épris d'une liberté qu'on leur refuse chez MOTOWN, les Jacksons s'en vont.
(à l'exception de Jermaine, marié avec la fille du patron et qui a donc perdu sa liberté à tout jamais le jour de la publication des bans ;))
Ils commencent à composer leurs morceaux eux-même, Michael a 18 ans, le début de l'émancipation.
Deux albums où les cinq frères rodent quelques compositions en s'appuyant sur des producteurs extérieurs (Gamble & Huff notamment)
Arrive 1978, et en 1978 on se lâche, on gonfle sa coupe Afro et on produit tout seul l'album de la destinée!
(non, pas celle de Guy Marchand !!!!)

le "Destiny Tour", Michael et ses légendaires chaussettes blanches (les mauvaises langues diront qu'il avait déjà la braguette ouverte...)
Tout le succès extra-planétaire de Michael est déjà dans cet album, les trois suivants, de "Off the wall" à "Thriller" en passant par le trop méconnu "Triumph", Michael ne fera que peaufiner la recette, à se demander si on n'a pas un poil surévalué la contribution de Quincy Jones au décollage de la fusée Bambi.

Blame it on the Boogie
ouvre l'album de manière flamboyante, parce qu'on sait aussi faire de la disco-funk chez les Jacksons, si vous ne connaissez qu'un seul titre de ce 33 Tours (je vous parle d'un temps que les moins de 20 ans...), c'est assurément celui ci.
Les paroles ne font que décrire l’irrépressible envie de danser provoquée par ce groove.
La musique comme drogue, et c'est de la bonne!


Push me away
Une basse sensuelle, des violons qui pleurent, une fille rêvée, un garçon rejeté, et la voix de Michael, juste au millimètre.


Things I Do For You
4 minutes de funkeries, les cuivres explosent, la basse te décolle du siège,  la voix de Michael se fait plus agressive, les "Whoo", les "Ha", les "HeeHee" s’enchaînent, 4 minutes de bonheur, 4 minutes trop courtes!


Shake Your Body (Down To The Ground)
Trop court "Things I Do For You"? Voila 8 minutes de Jam non stop autour d'une basse hypnotisante et d'un refrain répété encore et encore "Dansons, crions, secoue ton corps!"

Destiny

retour vers l'intime,
retour vers le sublime,
deux minutes infime,

Michael l'écolo qui veut retrouver la nature, la simplicité, fuir la ville où on ne voit plus les étoiles la nuit...
"Give me the simple life
I'm getting away from here
You and me, should we fly away?"
Mais le morceau s'excite et laisse s'introduire le clavier magnifique de Greg Philliganes, la guitare de Mike Sembello, la basse de Nathan Watts et la rythmique de plus en plus chaude de Paulinho Da Costa dans un superbe melting-pot partouzard!  (oui, j'adore ce morceau)

Bless His Soul
Morceau là encore assez calme et downtempo, Michael partage les couplets avec ses frères mais c'est lui qui emporte tout avec cette phrase presque criée "The life you're leading is so dangerous, doggone dangerous, dangerous, dangerous!"
La fin magnifique aussi avec les "Hey ah ha ha ha ha" chantés par toute la fratrie.

All Night Dancin'
Lucifer sur le dancefloor
pour un funk endiablé

qui te mène à la transe
et qui te met la fièvre
une pure tuerie, si tu ne danses pas c'est que tu es mort!
(à l'écriture de cet article, l'auteur fait une pause, sautant dans son salon en répétant "All Night!" et en mimant le solo de guitare... oui, l'auteur est un peu débile!)


That's what you get for being polite
la face B du single qui clôt l'album, sublime balade mid-tempo aux arrangements parfaits (Michael & Philliganes aux manettes), les violons, la guitare, les cuivres, la voix de Michael sans effets inutiles, pas une faute de goût en vue. L'histoire de Jack, un gentil garçon à la recherche de l'amour qui le fuit et qui se perd dans sa solitude et qui aurait aussi bien pu s'appeler Michael.  





petit message à ceux qui vont en soirée pour picoler et te crier dans l'oreille:"I don't care what your saying, You're talking in my ear much too loud
And the music's taking my body, On a trip from nine to five"

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